13/07/2022

 
Les périodes de sécheresse peuvent résulter d’un manque de pluie, mais aussi d’une utilisation trop intensive ou inadaptée de l’eau disponible. Quand la sécheresse survient, des restrictions d’usage de l’eau peuvent être décidées par les préfets de département. Chacun, par ses gestes quotidiens ou ses pratiques professionnelles, peut contribuer à préserver les ressources en eau potable.

QUELLES SONT LES CAUSES DE LA SÉCHERESSE ?

Le manque de pluie
En France métropolitaine, les précipitations apportent en moyenne 512 milliards de m3 d’eau par an. Une partie de l’eau retourne vers l’atmosphère via l’évaporation, de la végétation, du sol, etc. L’autre partie, environ 40 % (soit environ 200 milliards de m3 d’eau), constitue la pluie efficace. C’est l’eau qui est disponible pour alimenter les cours d’eau et les nappes souterraines via les écoulements et l’infiltration.
La sécheresse peut résulter d’un manque de pluie. Elle survient lorsque la quantité de pluie est nettement inférieure aux normales saisonnières sur une certaine période. Lorsque le manque de pluie survient en hiver ou au printemps, il empêche le bon remplissage des nappes phréatiques (« réserves » d’eau) qui s’effectue habituellement à cette époque de l’année.
Après le mois d’avril, l’eau de pluie est essentiellement absorbée par les plantes, alors en pleine croissance, ou s’évapore à cause de la chaleur. La sécheresse peut être accentuée par des températures élevées, notamment en été.

Prélèvements d'eau et consommation
Les prélèvements correspondent à l’eau douce extraite des eaux souterraines et des eaux de surface, pour les besoins des activités humaines. En France, on estime qu’environ 33,5 milliards de m3 sont prélevés en moyenne chaque année -dont 80 % dans les eaux de surface-, pour satisfaire les principaux usages, que ce soit pour la production d’eau potable, l’industrie, l’agriculture, l’alimentation des canaux de navigation et le refroidissement des centrales électriques (en dehors du turbinage des barrages hydroélectriques).
La répartition des prélèvements d’eau par usages est la suivante :
·        51% pour le refroidissement des centrales électriques ;
·        16 % pour les canaux de navigation ;
·        16% pour la production d’eau potable ;
·        9 % pour l’agriculture ;
·        8 % pour les autres activités dont l’industrie. 
À noter que le volume d’eau douce prélevée pour satisfaire les principaux usages de l’eau représente environ 15% de la pluie efficace (moyenne 2008-2018).
Concernant la consommation d’eau, c’est-à-dire la partie de l’eau prélevée et non restituée aux milieux aquatiques, le volume annuel d’eau consommé en France est estimé à 5,3 milliards de m3. Le secteur agricole représente 45 % de la consommation d’eau, le refroidissement des centrales électriques 31 %, l’eau potable 21% et les usages industriels 3%.
L’industrie rejette une grande partie de l’eau qu’elle prélève. Plus de la moitié des prélèvements est destinée au refroidissement des centrales électriques, qui en consomment 31%. Les autres usages industriels représentant 3% des consommations.
Inversement, l’agriculture consomme presque toute l’eau qu’elle prélève. Elle représente ainsi 45 % des consommations pour seulement 9 % des prélèvements, soit près de 2,4 milliards de m3 consommés pour 3 milliards de m3 prélevés. Les impacts sont importants, car ils sont concentrés sur une seule période de l’année – les 3 mois d’été –, où l’agriculture peut représenter jusqu’à 80 % de l’eau consommée et certaines zones géographiques où les ressources sont les moins importantes.
La production d’eau potable représente 21 % des consommations, soit environ1,1 milliard de m3 par an. Ce chiffre est globalement stable, l’augmentation de la population étant compensée par une diminution de la consommation de chacun.

LES MESURES DE RESTRICTION DES PRÉFETS EN CAS DE SÉCHERESSE

Au niveau national, le décret du 23 juin 2021 a donné un nouveau cadre au dispositif de gestion de la sécheresse en France, concernant notamment l’anticipation et l’harmonisation des mesures de restrictions des usages de l’eau. Pour permettre la mise en œuvre opérationnelle de ce nouveau cadre dans les territoires, une instruction à destination des préfets a été publiée le 27 juillet 2021 visant à optimiser l’organisation de la gestion de la crise et gérer les situations de pénurie d’eau. Cette instruction a également été accompagnée d’un guide national sur la sécheresse, qui fixe un socle commun de mesures de restriction à mettre en œuvre en France et ce, en fonction du niveau de gravité (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) et de l’usage considéré (AEP, irrigation, refroidissement des CNPE, industries, particuliers).

Ainsi, en période de sècheresse, pour préserver les utilisations prioritaires de l'eau (santé, sécurité civile et approvisionnement en eau potable), des restrictions d'eau graduelles et temporaires sont déclenchées progressivement par les préfets en fonction de 4 niveaux de gravité de la sécheresse : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise.

L'appréciation du niveau de gravité de la sécheresse se fonde sur des données hydrologiques et des observations de terrain (diminution des débits des cours d'eau, baisse du niveau des nappes d'eau souterraine, observations d'assecs, diminution des stocks de soutien d'étiage)
Dès lors que les préfets constatent que les conditions de franchissement d'un niveau de gravité sont remplies, un arrêté de restriction temporaire des usages de l'eau est pris dans les plus courts délais, en fonction du niveau de gravité constaté (alerte, alerte renforcée, crise) et de l'usage considéré (AEP, irrigation, refroidissement des CNPE, industries, particuliers).

Les arrêtés de restriction des usages de l’eau ne peuvent être prescrits que pour une durée limitée, sur un périmètre déterminé. Ils font l’objet d’une publication au recueil des actes administratifs sur le site internet des services de l’État dans les départements concernés pendant toute la période de restriction. Ils sont également adressés au maire de chaque commune concernée pour affichage à titre informatif.
En fonction du niveau de gravité, les mesures de restriction sont mises en œuvre progressivement :
·         Le niveau vigilance sert à informer et inciter les particuliers et les professionnels à économiser l'eau.
·        Les niveaux d'alerte et d'alerte renforcée exigent de réduire tous les prélèvements et interdisent les activités impactant les milieux aquatiques. Jusqu'à 50 % d'économie d'eau peuvent être exigés.
·        Alerte : Réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu'à 3 jours par semaine), mesures d'interdiction de manœuvre de vanne, d'activité nautique, interdiction à certaines heures d'arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture, ...
·        Alerte renforcée : Réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, ..., jusqu'à l'interdiction de certains prélèvements.
·        Le niveau de crise déclenche des interdictions, pour préserver les usages prioritaires : santé, sécurité civile, eau potable, salubrité. Les prélèvements d'eau pour l'agriculture sont alors interdits totalement ou partiellement, ainsi que de nombreux usages domestiques ou d'espaces publics (arrosages des massifs floraux, fontaines, nettoyages des voiries...).

LES GESTES POUR ÉCONOMISER L’EAU
 
21% de la consommation d’eau en France relève de la production d'eau potable.
En période de sécheresse, que l’on soit soumis ou non à des mesures de restriction, chacun d’entre nous doit, plus que jamais, maîtriser sa consommation d’eau quotidienne avec des gestes simples : privilégier les douches, installer des équipements sanitaires économes en eau, faire fonctionner les appareils de lavage à plein, réutiliser l’eau de pluie…
Agriculteurs et industriels sont également encouragés à réduire leurs prélèvements et leur consommation d’eau par de nouvelles pratiques et modes opératoires (exemple : recyclage des eaux de nettoyage).

Pour connaitre les bons gestes pour économiser l'eau
Que faire en cas de sécheresse ?
Respectez l’arrêté préfectoral de restriction de l’usage de l'eau en vigueur dans votre département. Publié au recueil des actes administratifs, cet acte est affiché en mairie et mis en ligne sur le site des préfectures. Un résumé est également publié dans la presse du territoire concerné et les communes en font la publicité via les panneaux d'information.

Pour en savoir plus :
Propluvia : le site dédié aux arrêtés de restriction d’eau
Le site Propluvia présente les mesures de suspension ou de limitation prises par les préfets sur le territoire de la France métropolitaine et de la Corse à partir des données, fournies à titre indicatif, par les services départementaux de l’État.

Liste de pièces jointes